Lorsque l’on parle de changement de logiciel ou de développement d’un nouvel outil métier, les discussions portent souvent sur les fonctionnalités à venir, les nouveaux usages ou les gains attendus. Pourtant, un sujet tout aussi stratégique se cache souvent derrière le projet : que devient l’historique de l’entreprise ?
Clients, interventions, commandes, documents, statistiques, données techniques… Au fil du temps, les entreprises accumulent une quantité considérable d’informations qui participent directement à leur fonctionnement quotidien.
Et notre retour d’expérience est assez simple : la question n’est
généralement pas de savoir comment réintégrer les données dans le nouvel outil. La vraie difficulté consiste à comprendre ce qui est accessible, ce qui peut être récupéré et comment le faire de manière fiable.
Première étape : identifier les possibilités d’accès aux données
Avant toute chose, nous cherchons à comprendre ce que le logiciel historique permet réellement. Car toutes les situations ne se ressemblent pas.
Cas n°1 : l'export complet
C’est la situation idéale. Le logiciel existant permet d’exporter l’ensemble des données dans un format exploitable. Nous pouvons alors analyser les informations disponibles, les qualifier et préparer leur réintégration dans le nouvel environnement.
Malheureusement, ce scénario n’est pas toujours la norme.
Cas n°2 : les exports partiels
C’est probablement la situation que nous rencontrons le plus souvent. Le logiciel permet d’exporter certaines informations, mais pas l’ensemble des données.
Nous récupérons alors plusieurs fichiers (clients, contacts, historiques, documents, catalogues produits…) et commence alors un travail d’analyse et de rapprochement.
L’objectif n’est pas simplement de récupérer des fichiers, mais de reconstituer la logique métier qui les relie. Dans la pratique, cela nécessite souvent le développement d’outils spécifiques pour rassembler et organiser les informations.
Cas n°3 : l'accès par API
Il faut comprendre
- quelles données sont accessibles ;
- sous quelle forme ;
- avec quelles limites ;
- selon quelles règles définies par l’éditeur ;
Cas n°4 : l'accès direct à la base de données
Cas n°5 : lorsque tout est verrouillé
Plus rarement, certains logiciels rendent toute récupération extrêmement difficile : absence d’export, aucune API, aucun accès aux bases de données… Dans ces situations, il faut parfois imaginer des solutions beaucoup plus spécifiques. Certaines peuvent aller jusqu’à automatiser la lecture d’informations affichées à l’écran afin de reconstituer progressivement les données exploitables.
Ces cas restent exceptionnels, mais ils illustrent un enjeu important : toutes les solutions ne garantissent pas le même niveau de réversibilité.
La bonne nouvelle, c’est que dans la majorité des cas, des solutions existent. La moins bonne, c’est qu’il est souvent difficile d’évaluer précisément l’effort nécessaire avant d’avoir analysé l’existant.
Avant même de parler technique, voici quelques questions qui permettent de réaliser un premier niveau d’évaluation :
La donnée seule ne suffit pas
Une erreur fréquente consiste à considérer qu’une donnée est exploitable dès lors qu’elle a été récupérée. Dans la pratique, le travail ne fait souvent que commencer.
Une base de données contient des informations, mais seule l’entreprise connaît réellement leur signification : Que représente ce statut ? Pourquoi cette valeur est-elle utilisée ? À quoi correspond ce code ? Quelle information est encore utile aujourd’hui ?
Quelle donnée peut être archivée ? … Ces questions relèvent autant du métier que de la technique.
C’est pourquoi les projets de reprise reposent toujours sur un travail conjoint entre les équipes du client et celles d’Oniti.
Notre objectif : Comprendre les usages réels avant même de réfléchir à la manière de réinjecter les données dans le futur outil.
Constuire les outils de migration
Leur rôle
- lire les données du système existant ;
- les transformer ;
- les qualifier ;
- les restructurer ;
- les réinjecter dans le nouvel environnement ;
Autrement dit, nous construisons souvent un mini logiciel dédié à la migration. Un outil conçu pour un besoin unique, utilisé le temps du projet puis devenu inutile une fois la transition terminée. Cette dimension artisanale fait partie intégrante du métier.
Trouver le bon équilibre entre effort et valeur
Tous les projets soulèvent une question importante : La valeur des données justifie-t-elle l’effort nécessaire à leur récupération ?
Nous aidons nos clients à évaluer :
- l’intérêt des données ;
- le coût de récupération ;
- les bénéfices attendus ;
- les risques associés.
“Chez Oniti, notre rôle consiste aussi à accompagner ces arbitrages. L’objectif n’est pas de tout récupérer à n’importe quel prix, mais de prendre les décisions les plus pertinentes pour l’entreprise.”
David, Dirigeant d’Oniti
Et l'intelligence artificielle dans tout ça ?
L’IA ouvre aujourd’hui de nouvelles perspectives.
Elle peut accélérer certaines analyses, détecter des schémas récurrents ou proposer des hypothèses de qualification des données à une vitesse difficilement atteignable pour un humain.Mais elle n’est pas une solution miracle.
Si l’intelligence artificielle peut suggérer, elle ne peut pas garantir. Les hypothèses produites doivent être vérifiées, les résultats doivent être contrôlés et la compréhension métier reste indispensable.
Chez Oniti, nous considérons l’IA comme un outil supplémentaire au service de l’expertise humaine, pas comme un remplacement de celle-ci.
Une question de continuité et de maîtrise
Lorsque l’on évoque la reprise de données, il est tentant de réduire le sujet à une problématique technique, pourtant l’enjeu est bien plus large. Les données historiques représentent la mémoire de l’entreprise. Elles permettent de comprendre le passé, d’agir efficacement dans le présent et de préparer l’avenir.
C’est pourquoi nous abordons régulièrement certains projets avec une phase de preuve de concept préalable. L’objectif est simple : vérifier concrètement ce qu’il est possible de récupérer avant d’engager le reste du développement.
Parce qu’au final, la réussite d’un projet de transformation ne dépend pas uniquement du nouvel outil. Elle dépend aussi de la capacité à préserver, comprendre et valoriser les informations qui font déjà vivre l’entreprise depuis des années.
> Découvrez les premières questions à se poser pour évaluer la possibilité de récupérer vos données